Le trousseau des Epoux Trousseau

by lundi, janvier 28, 2013 7 points avant


En dépouillant des inventaires après décès, je suis tombée sur LA garde-robe idéale de n'importe quelle costumière et costumier. C'en est presque caricatural. 

Fait en 1775, cet inventaire d'une femme très jeune (elle a des enfants en très bas âge) et de feu son mari procureur déjà à la retraite (yeuks...) est à la pointe de la mode aussi bien en matière de types de pièces que de matières. 

On y trouve trois robes différentes : les polonaises (trois, dont une en Indienne rayée, pas banal, mais je vous ai retrouvé de l'indienne fleuries et rayée dans un musée ^^), dix déshabillés (dont deux en Indienne, ainsi qu'un morceau d'Indienne pour en faire un troisième, précision sans doute apportée au notaire par la veuve joyeuse), et vingt "Robbe" (pour respecter l'orthographe d'époque). 

Mais c'est quoi la différence entre Déshabillé et Robbe ? Le terme déshabillé apparaît au moment des années 1770, en tout cas dans les inventaires après décès. Déshabillé voulant simplement dire que l'on n'est pas en Grand habit, c'est à dire qu'il peut s'agir d'un habit pour paresser chez soi, un habit pour sortir le matin, ou tout simplement un habit de non-représentation, pour sortir faire du shopping sans pour autant envisager de rendre des visites, qui demanderaient de se conformer au rite social. 

Il existe de nombreuses gravures avec des femmes en déshabillé, mais le hic, c'est qu'il s'agit toujours de décrire un habillement en négligé, et non pas un type de robe précise. De manière générale, il faut se méfier du langage des magazines des modes comme de la peste (même si je vais vous mettre plein de gravures dans ce post ; je sais, j'assume mes contradictions) : ce n'est pas celui du quotidien, qui est véhiculé par les notaires Pour eux, le déshabillé est un type de robe bien précis, très à la mode dès les années 1770, qui se fait souvent en Indienne,... : la Robe à l'Anglaise, semble-t-il. 

Du coup, la Robbe simple ne peut-être que la Robe à la Française (pour les curieuses, dans les années 1750, le terme consacré pour la Robe à la Française semble être Robbe de Chambre. Pour ce qui est de ce que nous, nous appelons des robes de chambre, les femmes avaient des peignoirs.)

Ah et au fait : il y aussi des caracos et une "robe une pièce" ^^ Une robe fourreau qui ne dit pas son nom ?

Il est vraiment très TRES bien écrit. Croyez-moi :)

Revenons-en à notre inventaire. De quoi sont faites ces robes ? De satin (le terme est employé pour de la soierie au XVIIIe siècle, d'après l'Encyclopédie Yverdon, publiée entre 1770 et 1780), de dauphine (un tissu de soie pékiné), de pou de soie (ou poult-de-soie, je crois que les deux orthographes sont encore acceptées. Un taffetas épais), de gourgouran (un tissu de soie à motifs), de mousseline (sur-représentée dans les inventaires)... Et d'Indienne ou de Perse.

Là encore, quelle est la différence ? Les deux sont des toiles importées des Indes ou d'Orient, non ? Non non, rappelez-vous : encore aujourd'hui, Indienne est un terme générique. On l'emploie aussi bien pour désigner les toiles peintes et/ou imprimées venues de l'autre bout du monde que les toiles imprimées produites en Alsace, à Nantes, à Genève, ou à Jouy en Josas. Au XVIIIe, on fait un peu plus la différence. Non pas sur le provenance, mais plutôt sur la méthode : d'après le Dico de l'Académie de 1762, la Perse est une toile peinte venue de Perse. Il faut donc comprendre que ce que les notaires appelle Indienne, à cette époque, c'est uniquement de la toile imprimée (et croyez-moi, on en trouve BEAUCOUP dans les inventaires.)

En dehors des appellations de robes et de tissus, d'autres problèmes de vocabulaire peuvent se poser. La camisole, omniprésente dans les inventaires, m'était pour ainsi dire inconnue. A l'exception de quelques gravures les présentant comme une forme de caraco. Sauf que voilà : ce n'est pas ça. Retour au dictionnaires du XVIIIe : la camisole est une chemisette, une chemise qui ne descend pas plus bas que les hanches. Si chez les hommes, elle peut facilement s'assimiler à la chemise "visible", celle de dessus, sur laquelle se fixeront jabots et manchettes, chez les femmes, c'est moins évident. La différence entre les chemises et les camisoles n'est pas visibles dans les inventaires, puisque les deux peuvent être garnies de dentelle ou de mousseline. Peut-être certaines servent-elles à tenir plus chaud en hiver. A ce niveau-là, j'en reste aux conjectures. Les camisoles sont bien mentionnées dans l'Art de la Lingère de Garsault, comme étant des vêtements de nuits, mais l'inventaire de Monsieur Trousseau, ci-dessous mentionne des chemises de jour et des chemises de nuit.

Autre surprise : les "engageantes" n'existent pas pour les femmes. Je les ai trouvées mentionnées dans un inventaire de 1696, mais pour tout ceux concernant le XVIIIe, le terme manchette est unisexe. Les corps non plus, ne sont pas mentionnés. En tout cas, je n'en ai pas encore trouvé : on ne parle que de corsets, qui sont tous majoritairement de basin. Et là, bonne nouvelle, les corsets de basin sont mentionnés par Garsault comme des pièces indispensables au Trousseau. Mais je peut faire remonter ce type d'appellation bien avant Garsault, et les années 1770.

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L'Art de la Lingère, de Garsault. Le Trousseau.

Les corps sont mentionnés par la bande avec cette appellation bizarre : "devants de corps". Bizarre, car  "pièce d'estomac"est courant comme expression dans les inventaires. Ces pièces-là sont entièrement en dentelle, il est possible que ce type de pièce d'estomac de dentelle est eu un nom spécifique.

Autre expression qui m'a donné du mal : "les vestes en pièce" (pas de s dans l'inventaire, j'ai choisi de ne pas corrigé, au cas où ce serait volontaire). Après un peu de réflexion, et comme ces vestes en pièce étaient mentionnées avec des habits "défaits" (démontés), je me suis dit que c'était peut-être tout simplement la manière de parler des pièces de veste brodées à disposition avant qu'elles ne soient coupées et montées.

Les chapeaux "à mettre sous le bras", par contre, me laissent perplexe.

Madame a une garde-robe de 2 652 livres, et Monsieur, de 1585 livres. Vue la beauté de certaines pièces, la garde-robe du Sieur semble assez mal prisée, par contre Madame... 2652 livres, c'est énorme. ENORME. (D'autant plus qu'elle a assez peu -- tout est relatif, mais si, c'est peu -- de dentelles. Or c'est en général ce qui fait grossir les chiffres des gardes-robes du XVIIIe) Mais que peut-on attendre d'autre d'une femme qui brode avec une aiguille en or ?


Bon. Après cette très (trop) longue intro (et je vais sûrement m'apercevoir après que j'ai oublié de vous dire plein de trucs), je vous laisse découvrir la garde robe de fashionistas des époux Trousseau. J'ai mis en gras les trucs qui vous intéresseront le plus, je pense : polonaises, déshabillés, jupons piqués, Indiennes, etc.
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Public Domain Mark

Cette œuvre (Inventaire après décès, de inconnu), identifiée par Delphine Bauzin, est libre de restrictions de droits d’auteur connues

(Pour des précisions et le code permettant de reproduire l'indispensable mention d'usage ci-dessus, voir )

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(Inventaire MC/ET/LXXIII/968)

19 Décembre 1775

Inventaire de François Guillaume Claude Trousseau, ancien avocat au Parlement demeurant à Paris, à la requête de Madame Aimé Félicité d'Anjou, seule et unique héritière, tutrice de Mlle Anne Victoire Trousseau, âgée de cinq ans, de Mlle Geneviève Félicité Trousseau, âgée de quatre ans et du Sieur Pierre Françoise Trousseau, âgé de deux ans.

"(...) (le linge, dont :)


Item Dix tabliers de chambre, dix autre de cuisine, douze torchons, Six tabliers de domestique, prisés comme usés (?) vinqt-quatre livres.
_____________________________________ 24 l


Suivent les habits, linge et hardes à l'usage de la Dame Trousseau

Item Douze chemises de toile fine prisée soixante livres (donc 5 livres l'une)
_____________________________________ 60 l

Item trente huit (?) autres chemises de toile élimée prisés quarante livres.
_____________________________________ 40 l

Item Six corsets de bazin rayé, six camisolles chemises (?) de toille élimée, six jupons piqués de toille de Cotton et mousseline, six jupons de bazin dont quatre garnis de mousseline, sept déshabillés et leurs jupons de mousseline et toille de cotton blanche garnis de falballas, deux (?) parures (?) prisés cent trente livres.
_____________________________________ 130 l

Item Deux Jupons de futaine, deux déshabillés d'Indienne partie élimés, quinze paires de poches en siamoise et bazin, treize paires de bas de soie blancs, partie usés, sept paires de bas en fil et coton prisés soixante-douze livres.
_____________________________________ 72 l

Une robe à l'anglaise(un déshabillé) en Indienne importée :
il s'agit d'une robe néerlandaise.
(Centraal Museum Via Pinterest)

Item Quarante-trois mouchoirs de poche de toille blanche partie élimés, huit (?) autres mouchoirs de baptiste, quatre peignoirs, quatre tabliers de toilette de toile blanche, prisés quarante livres.
_____________________________________ 40 l

Item Dix-huit paires de chaussons (l'équivalent des protège-bas, je pense) de toille blanche, douze frottoirs (linge de toilette), prisés trois livres.
_____________________________________ 3 l

Item Neuf bonnets Ronds de mousseline garnis de différentes dentelles prisés cent vingt livres.
_____________________________________ 120 l

Item Douze bonnet Ronds de vieille mousseline, douze fichus de mousseline unie et Raiée (rayée), deux fichus de mousseline brodée garnis de dentelles, quatre Coeffes (coiffes) de mousseline de Judée (?), un mantelet de pareille mousseline, prisés 40 livres.
_____________________________________ 40 l

Item quatre garnitures de camisolles de mousseline brodée (?) garnies de petites dentelles, deux de mousseline brodée, deux paires de manchettes en amadise (amadis) d'entoilage garni de petites dentelles, douze paires de petits bonhommes (garnitures de manches) de petites dentelles prisés dix-huit livres.
_____________________________________ 18 l

Item Dix paires de manchettes à trois Rangs de mousseline Raiée et brodée, deux autres paires de manchettes à trois Rangs en mousseline de Judée à Rayures (?) garnies d'une petite dentelle à Rayure (? je ne sais pas ce que c'est, le dentelle à rayures ; cela revient plusieurs fois), six paires de manchettes à deux Rangs de mousseline, prisés cent vingt-cinq livres.
_____________________________________ 25 l

Item Une paire de manchettes à trois Rangs de dentelle de point montée sur entoilage, un fichu, et une garniture de tête à une pièce et son papillon (?) de pareille dentelle deux cent quarante livres.
_____________________________________ 240 l

Item Deux paires de manchettes à trois Rangs de dentelle Rayée (?) et maline brodée (??? La Malines se fait aux fuseaux et ne se rebrode pas) montées sur entoilage, deux coiffes d'entoilage, deux fichus aussi d'entoilage garnis de dentelle à Rayure (?), deux barbes de dentelle d'angleterre, deux autres garnitures de tête de dentelle montées sur entoilage, cinq devants de corps (pièce d'estomac ?) de différentes dentelles, prisés cent quatre-vingt dix livres.
_____________________________________ 190 l

Item Une Robbe et Jupon de pou de soie lilas avec sa garniture de blonde (définition II, B, 2, b), une Robbe et son Jupon de gourgouran jonquille garni de blonde en migrain(?), une Robbe et Jupon de dauphine fond blanc à Ramages Couleur de Rose, une robbe et ___dera___ de Jupon de droguet fond mordoré, Trois Robbes et Jupons de différentes futaines (?) et couleurs dont un de petit deuil, prisé quatre cent quatre-vingt livres.
_____________________________________ 480 l

Une robe de Perse, une polonaise, 
et malheureusement, le seul exemple que j'ai trouvé 
(Le MFA via Pinterest)

Item Deux Robbes et leurs Jupons de Taffetas flambé (des flambures sont des inégalités dans la teinture d'un tissu) et Rayé, une Robbe et son Jupon à la polonaise de taffetas le tout garni de gaze, une Robbe une pièce de mousseline suisse, trois Robbes de perse (toile peinte de perse) et leur Jupon de diverses Couleurs, dont un de deuil (le deuil en toile peinte ?), doublés de taffetas, une Robbe et un Jupon à la polonaise d'Indienne Rayée bleu et blanc, une Robbe et son Jupon d'Indienne Commune (?) fond bleu, une Robbe et un Jupon de mousseline garnie de _____ blanche, une autre Robbe à la polonaise d'____ette grise prisés quatre cent soixante-dix livres.
_____________________________________ 470 l


Une Robe à la Polonaise en Indienne 
(Le MFA via Pinterest)

Item Une Robbe et Jupon de pou de soie noire, une Robbe et son Jupon de taffetas noir, un déshabillé et son Jupon de taffetas de Judée (?) noir et blanc, une Robbe et son Jupon d'écorce d'arbre brune, six caracos et leurs Jupons en taffetas et autres étoffes de différentes couleurs, une Robbe et tablier (?) de moire (?) blanche ____tée, une pièce de mousseline à Canaux (?) Rose pour faire une Robbe et un Jupon, une pièce d'Indienne pour déshabillé, prisés deux cent cinquante livres.
_____________________________________ 250 l

Item Une pelisse de satin noir et un b__d___ de poil gris, un mantelet (ou manteau) de taffetas noir, un autre de satin noir, un mantelet (ou manteau) de taffetas blanc garni de blonde, une garniture de Robbe et une autre de pelisse de martre, six éventails en yvoire (ivoire), six paires tant (de) mulles que (de) souliers (ou six paniers tant ____ que ____) de différentes étoffes, ____ avec plusieurs (?) ajustements de blonde de/ou gaze prisés trois cent cinquante livres.
_____________________________________ 350 l

Grande Pelisse
(Le MFA via Pinterest)

Item Deux manteaux dont un de plumes blanches et l'autre de Vichourat (vitchoura) prisés dix livres.
_____________________________________ 10 l


Suivent les habits, linge et hardes à l'usage du dit défunt Sieur Trousseau

Item Cinquante chemises de jour de différentes toilles garnies de manchettes et jabot de mousseline Rayées et brodée dont quelques unes (?) garnies d'éfilé (effilé) de baptiste, vingt-quatre autre chemises de nuits garnies de différentes mousselines prisées ensembles deux cent soixante livres.
_____________________________________ 270 l

Item Trente Cols de mousseline, trente-cinq Coeffes de nuit de toile garnies de mousseline, sept bonnets de Cotton, quinze Coelfous (? cols ? coeffes ? autre chose ?) de toille, dix-huit Camisolles de mousseline, trois autres de futaine, deux autres de flanelle d'angleterre, trois vestes de bazin Rayé et la culotte pareille, Cent mouchoirs de poche de toille de différentes Couleurs, prisés deux cent livres.
_____________________________________ 200 l

Item Dix-neufs paires de bas de dessous, quatre paires de bas de soie grises, cinq autres paires de bas de soie blanche, quatre paires de bas de soie noire, trois paires de bas laine noire, sept paires de bas de laine de différentes couleurs, cinq bonnets de nuit de laine, trois paires de bas de peau, prisés soixante- quinze livres.
_____________________________________ 75 l

Item Quatre habits, deux vestes et quatre culottes de drap noir, un habit et veste noirs, Culotte de Camelot, un habit, deux vestes et deux culottes de Raz de St Cyr, trois culottes de soie tricottée, un surtout et quatre culottes de velours, une autre habit, veste et culottes de velours ciselé, le tout noir, une veste de satin noir brodée brodé prisés ensemble cent soixante livres.
_____________________________________ 160 l

Item Une Redingotte et sa veste de pluche (peluche) grise, une Veste de Chasse et une Culotte de bar___ ___ gris, un pantalon de Coutil (?), une Redingotte, un surtout et deux Culottes gris prisé trente livres. 
_____________________________________ 30 l

Item Un surtout, veste et deux Culottes de Velours de Cotton mordoré avec une petite tresse d'or et boutons d'acier, un habit, veste et Culotte de Ratine grise à boutons d'or doublé de satin couleur de feux, un frac de bara____ gris à boutons de métal et une petite tresse d'argent, et sa culotte prunille (?), un surtout ____ culotte de Camelot gris, un surtout et deux Culottes de drap gris, une Culotte de peau de daim, une veste et deux Culottes de nanquin (nankin), une veste et deux culottes de calmande de paille, une veste et deux Culottes de Coutil (?) de soie Raié (rayé), prisés deux cent cinquante livres.
_____________________________________ 250 l


Banyan (Robe de Chambre masculine) et sa veste Coordonnée en Indienne ou en Perse
(Christies via Pinterest)

Item Une veste de ___________ d'or à broderie à bouquets de soie en argent, une autre veste de satin fond bleu à petits bouquets brodés en or, une veste d'étoffe de soie blanche Raiée avec une broderie en soie, une autre veste de gourgouran blanc à broderie en soie et paillettes d'or, une autre veste de nanquin Rayé avec une broderie en perse (?) soir et or, deux autres vestes l'une de nanquin brodé de soie, l'autre de mousseline avec une petite broderie d'or, deux vestes l'une d'Ecarlatte et l'autre de Calmande Rouge à galons et boutons d'or, deux Culottes de Calmande Rouge dont une à Jarretière d'or, un surtout et une Culotte de soie tricottée Couleur de C__ais (? Calais ?) avec un petit galon et boutons d'or, une veste aussi de soie ___ttée fond verd (vert), une Robbe de chambre et sa veste de perse, une Robbe de palais (le Sieur Trousseau est ancien procureur) d'étamine, Six Rabat, deux chapeaux dont un à bor (bord) d'or et l'autre uni, deux autres à mettre sous le bras, quatre paires de souliers, prisés ensemble trois cent soixante livres.
_____________________________________ 360 l

Item Un manchon de martre, un vieil habit, veste et Col (?) de soie brune, défait (démonté), un autre habit et sa veste de Camelot noir aussi défait, une pièce de lustrine pour faire un habit fond blanc à fleurs, une veste en pièce de satin noir brodé, une veste en pièce de Canadizir (? peut-être du casimir), prisés avec un Couteau de chasse à poignée d'ébène garni d'argent, un Ceinturon de tusse (? tuffe ?) galonné en soie et or et argent, deux épées dont une ) gare d'acier et poignée de fil d'argent doré et l'autre à garde d'argent et poignée de fil d'argent prisé prisé, trois perruques dont une à bourse, l'autre longue et troisième en bonnet (?), quatre bourses à cheveux, deux Rasoirs, deux cent quarante livres.
_____________________________________ 240 l

Les broderies non-coupées, non-montées 

(...)

Item Une Eguille (aiguille) d'or pour broder au tambour dans son Etui en Roussette, un autre petit étui en écaille à petit centre d'or, un Ciseau (?) de poche à deux lames dont l'une d'or et l'autre d'acier à manche de _____ _____té et garni en or au f__i _d d_____ et son étui de Roussette, une navette de ____ garnie en or, prisés soixante livres.
_____________________________________ 60 l

(...)

Item Sept paires de manchettes et leurs galons de filet garnies d'éfilé (d'effilé) en partie usée, prisées en six livres.
_____________________________________ 6 l

Item Deux portefeuilles dont un grand et l'autre ____ _____ l'un  de maroquin noir et l'autre Jaune avec une broderie en argent à ferrure aussi d'argent, prisés vingt quatre livres.
_____________________________________ 24 l

(...)"
Historico-puriste

Costumière amateure, historienne. Aime bien rappeler qu'avant d'être un hobby de Princesses Playmobil, le costume c'est aussi une représentation de la vraie vie des vrais gens du passé. Il m'arrive ainsi de manger au petit déjeuner des marquises néo-roccoco irrespectueuses de leur matériau historique.

7 commentaires:

  1. "prisés comme usés" : "dont le prix est fixé en fonction de leur état, c'est à dire usés" ?

    Ce trousseau est vraiment très impressionnant. Est-ce qu'on a connaissance du trousseau des enfants ?

    Sinon je me demandais une chose : à l'époque tout ce linge était-il lavé à la cendre ?

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  2. Oh mais il y a aussi des livres dans l'inventaire ! terrible ! j'y retourne !

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  3. yep, ce sont des vêtements portés, donc pas moyen de les priser au prix du neuf. Après tout dépend du choix du notaire : certains prisent les choses très usées, d'autres considèrent sans doute que ça ne vaut pas la peine. Comme les vêtements, mêmes usées, sont ce qui se revend le mieux, le plus vite, j me dis qu'il y a peut-être une demande des requérants d'avoir une estimation un peu précise pour ne pas se faire avoir à la revente par le fripier.

    Mais généralement, quand les notaires prisent le très usé, c'est souvent chez des ménages, pas très aisés, et on sent le mépris qui pointe derrière : quand un notaire utilise carrément l'expression "élimé, troué et rapiécé", tu sens qu'il a envie de tout mettre au feu !

    Pour ce qui est des techniques de lavage, je ne m'y connaît absolument pas, mais à ce niveau-là de richesse, on fait appelle à une blanchisseuse pour le linge et un teinturier (et oui, c'est déjà le mot à l'époque !) pour les vêtements plus chics et plus fragiles. Même si, à mon avis, les vêtements de Damas, de Satin, etc n'étaient pas lavables du tout.

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  4. je réalise que je n'ai pas répondu à la question sur le trousseau d'enfants : dans les inventaires après décès, à part les chemise d'enfants, apparemment non. J'ai un trousseau de naissance mentionné dans un livre, je le chercherai. Et puis, dans l'Art de la lingère de Garsault, il y a des trucs aussi il me semble.

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  5. Oui j'ai lu des choses sur les enfants dans l'Art de la Lingère, il y a tout un chapitre, et je me disais que pour une famille de cette catégorie sociale, il y avait peut-être un vrai trousseau pour les enfants dans ce bilan de succession.

    Merci pour ces réponses !

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  6. Est ce que le terme "flambé" ne peut pas faire référence au "chiné à la branche" ?

    Amélie

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  7. @Amélie : non non, ça n'a rien à voir. Et puis pourquoi utiliser une autre expression que celle-ci qui a cours à l'époque, que je sache ?

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