Questions indiscrètes

Audrey du blog En-robée m'a attribué un blog award (merci ! Et en plus, elle m'a fait le meilleur compliment qu'on pouvait me faire) et des questions auxquelles répondre. 

- remercier et mettre le lien vers le blog d'origine
- insérer l'image à votre blog
- dire quelques choses inédites sur vous
- répondre à mes questions indiscrètes
- distribuer à votre tour

Je vous avouerai que j'ai la flemme de redistribuer. Le monde des costumiers n'est pas si grand que l'on ne puisse pas dire que tout le monde a reçu un award au moins une fois. Par contre, je veux bien jouer le jeu par ailleurs et vous citer des blogs intéressants à la fin de cet article.

Des choses inédites sur moi... hum... J'ai déjà dit des choses sur moi la dernière fois qu'on m'a attribué un blog award.

1 - J'ai déjà des cheveux blancs, beaucoup, pour des raisons multiples et variées. C'est maintenant mon excuse pour me teindre les cheveux en tout ce qui ne ressemble pas à ma couleur naturelle, un blond foncé trop proche du châtain qui est terne à en mourir.
Bon en fait, j'ai commencé à 18 ans en optant pour le noir corbeau. Avec ma peau blanche cachet d'aspirine, c'était très... graphique, dirons-nous.

2- Je collectionne les poupées Monster High. Même pas peur. J'en ai déjà costumé une en robe à tournure.

Victorian

3 - Je fais un projet 365 jours : prendre une photo par jour pendant un an. Je me suis imposée la contrainte de photographier uniquement des poupées. Ça pousse à être créative en dehors du costume (sachant que je ne sais ni dessiner, ni faire de la musique). J'ai un blog dédié.

4 - Je suis extrêmement bordélique. J'ai toujours l'air de ne pas m'en sortir quand je fais un truc (même à mes propres yeux), même un costume. Le manteau de lit que j'ai porté dimanche dernier a commencé comme un grand tas de n'importe quoi éventuellement appelé tissu. Ce n'est que mercredi dernier que j'ai enfin pu dire sans mentir : mais ça ressemble à un vêtement, ce truc ! Il ne faut pas me demander d'être logique, ça me fait perdre le fil. Mon cerveau est rangé de manière bordélique. Imposez lui un autre schéma, il y a surchauffe d'où...

5 - ... je suis une vraie romantique : je m'évanouis quand j'ai trop chaud. Enfin, surtout quand mon cerveau a trop chaud. (Lété, mon ennemi intime.) Mais jusqu'à présent, jamais en costume.
 Laissez-moi vous le dire, dans la morne et terne réalité, les évanouissements, ce n'est ni romantique, ni très gracieux. On ne s'évanouit pas en faisant une révérence comme dans les films, on tombe tout droit, comme un balais, généralement la tête la première sur le carrelage. Glamour à en crever littéralement.

6 - La robe qui m'a donné envie de faire du costume, c'est celle-là :


J'avais 8 ans, j'allais pour la première fois au Victoria and Albert Museum, et je suis tombée en adoration. Bon maintenant, je pense que c'est une grosse meringue, mais je garde une petite tendresse pour elle.

Les questions d'Audrey :

1. Quelle époque vous fait peur à faire... trop difficile, trop extravagante...

Peur ? Rien. J'ai des envies/pas envies. Mais rien qui m'effraie vraiment. Après, j'ai des époques qui me tentent esthétiquement, mais que j'évite pour des questions de santé : j'adore la période Belle Époque-19001909, mais les corsets en S, pour mon dos, c'est un non quasi définitif. Je cherche à contourner, parce qu'il y a des corsets de cette époque qui ne sont pas des agressions contre le dos. Mais je recule devant la quantité de test de corsets à faire. Je hais faire des corsets. Viscéralement.

2. Quel tissu préférez-vous travailler ?

J'ai plutôt toujours envisagé les choses du point de vue de "qu'est-ce que je déteste coudre ?" et le synthétique arrive en premier, à chaque fois. Et à chaque fois pour des raisons différentes : soit le tissu chauffe désagréablement dans les mains pendant qu'on coud, ou il s'effiloche avec des fils qui collent partout dans l'appart pendant des semaines, soit le fil s'accroche dans le tissu à chaque point, se tord méchamment au fil de la couture, grigne, etc. A côté de ça, même le satin de soie paraît sympathique à coudre.

Mais, à choisir, le lin est franchement ce qu'il y a de plus agréable à coudre.

3. Décrivez un projet commencé mais abandonné.

Un robe 1848, avec multiple volants sur la jupe. Je n'ai pas totalement renoncé à la faire un jour. Pas totalement...

4. Quel costume de film aimeriez vous porter/coudre ?

Cette robe brodée du film Goya's Ghost. Je suis sûre qu'elle est inspirée d'un vrai costume espagnol, en prime, comme le sont certains autres costumes du films. Le film est atroce, les rares costumes portés par Nathalie Portman sont extraordinaires.



5. Quel costume national/régional aimeriez-vous réaliser ?

Bigouden 1840s. Je suis bigoudène par ma mère, le costume bigouden du XIXe, c'est mon premier amour. Je rêve aussi de reproduire une robe de mariée quimpéroise de 1880. Rouge et argent. Amour amour amour.

6. Une entorse à l'historicité que vous n'oseriez pas avouer ?

Que je n'ose pas avouer ? Difficile de répondre, parce que j'essaie de toujours dire le plus honnêtement possible quand je fais une ou plusieurs entorses. En général, parce qu'elles m'énervent moi-même. (A part les baleines, qui sont une entorse obligatoire pour toute personne respectant un minimum les gros mammifères marins.)

7. Une envie insolite de costume, hors de vos habitudes ?

Insolite, je ne sais pas, mais je rêve de faire une robe entièrement au crochet irlandais ou bigouden. Hors de ma zone de confort ? Oui et non : je crochète, plutôt bien même, mais j'ai toujours réussi à éviter les gros ouvrages, encore plus les gros ouvrages de malade ! Donc oui, une robe entière au crochet, c'est largement hors de ma zone de confort. 


Des blogs inspirés et inspirants, et pas forcément assez connus : 

- A Damsel in this Dress : couturière/costumière pro. Brillante, et pas arrogante.
- All the Pretty Dresses : Isabella fait un travail de MALADE sur ce blog. Elle répertorie des dizaines d'annonces Ebay de costumes anciens. Une source IN-DIS-PEN-SA-BLE.
- Anno 1776 : Je suis toujours très admirative du réalisme de ses robes et de sa mise. Elle a l'air "vraie' à chaque sortie qu'elle fait.
- A Most Peculiar Mademoiselle : Puriste et modeste. <3 br="">
- The Shadow of my Hand : des costumes très élaborés, jusque dans les plus petits détails. Wow effect assuré.
- Katafalk : la SEULE costumière capable de me donner des fantasmes de costume du Haut Moyen-Âge et du début de la Renaissance.


Et si des gens se sentent assez inspirés pour répondre à mes questions, tout le monde est libre de le faire, dans les commentaires ou sur leurs blogs :

1) Qu'est qui vous a donné envie de faire du costume ? Si c'est un costume (de film ou de musée) une petite photo serait appréciée.

 2) Comment vos ancêtres auraient-il été habillés, disons au XIXe ? En ce qui m concerne, d'un côté, mes ancêtres étaient passementiers à Saint-Étienne, des ouvriers donc (J'ai de rares photos de famille de la fin du XIXe siècle : l'une de mes bisaïeules a gardé la même robe pour des photos qui ont 20 ans d'intervalle !), et de l'autre paysans en Bretagne, dans la partie la plus pauvre de la Bretagne (pas de photos, mais en Bretagne, ce sont les débuts du costume régional, donc Bigouden pour mes ancêtres. Pensez sans broderie, la brderie, c'était pour les riches et les jours de fête.).

3) Couture main ou machine ? Évaluez en terme de pourcentage le degré de votre grain de folie (ou d'absence de). Je suis à 95% de couture main...

4) Quelle est votre moyenne de temps pour confectionner une robe/ensemble ? et un ensemble complet (dessous compris) ?

5) Quel est le / la costumière qui vous a inspiré le plus à vos début ?
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Le retour du roi à Paris des dames de la Halle à Grenoble


37°C. Même les biches et les faons sont écrasés par la chaleur à Vizille et se planquent à l'ombre. Mais les petits pirates sont faits d'un autre bois. Ils résistent aux tempêtes, aux monstres marins et aux chaleurs de Vizille.


Bien sûr, le costume du petit pirate a été entièrement fait par sa maman, Marion de Green Martha, qui avait aussi fait la multi-choupinounette-princesse (elle aime les princesses et le rose, malheur malheur... Mais on lui pardonne : elle a 4 ans.)


A l'exception de la coiffe, qui est ancienne et qui n'a pas tenu toute la journée (RIP, petite coiffe, tu fus GRAVEMENT adorée), Marion a donc fait deux costumes ultra-kawaii et parfaitement historiques en plus du sien. Et ça fait sacrément du bien de voir des enfants pas costumés en libertins de pacotille du XVIIIe. Honnêtement. Et pas seulement parce que libertin de moins de 13 ans, c'est glauque. Seul bémol : quand on est accompagnés d'enfants bien costumés, les adultes deviennent LITTÉRALEMENT invisibles ^^

Pourtant, on était assez cools (petite minute d'auto-satisfaction sauvage).

 








Mes poches bien pleines ne m'ont absolument pas gênée. On peut même les remplir beaucoup plus, par exemple avec de quoi faire un petit ou gros en-cas.

J'avais aussi promis de vous montrer une façon de modifier sa coiffe utilisée à la fin du XVIIIe par les femmes du peuple pour se protéger de la pluie, et probablement aussi du soleil. Ce n'est pas seyant, je préviens tout de suite ! Je me suis inspirée de ces images que j'ai oublié de sourcer dans mon article précédent ("Au bûcher !") :

Il existe au moins une version en allemand, à Carnavalet,
de la même époque, je ne sais pas laquelle est l'originale.


On peut utiliser soit un torchon blanc avec des bandes de couleur (torchons anciens de grand-maman), ou un mouchoir de cou ou de tête, pareil dans des teintes de blanc : l'important, c'est que ça ne jure pas avec la coiffe. J'ai pas mal expérimenté pour éviter le look bonne sœur, du coup, mon torchon est placé un peu plus loin sur le coiffe que sur les illustrations. On n'échappe au ridicule pour autant. Mais cela devait fonctionner bien pour protéger la coiffe de certaines avanies, ainsi que la nuque pas toujours bien couverte pas le fichu.



Pour le déshabillage de la dame de la Halle, il vous faudra attendre une petite semaine.

Les dames de la Halle


Dimanche, ma fidèle comparse et moi allons nous encanailler aux fêtes révolutionnaires de Vizille. Cette année, nous avons décidé très tôt de faire enfin des costumes vraiment populaires. La dernière fois, nous étions en casaquins plissés et nous passions plus, surtout moi, en tissu coordonné des pieds à la tête, pour des bourgeoises. Cette année donc, aucune concession : nous seront des femmes du peuple des chevilles à la tête (ouais, au niveau chaussures, moi, je serais en moderne. Je n'ai pas encore de bonne chaussures historisantes pour du populaire.)

Qui dit costume populaire, dit manteau de lit, dont on trouve le patron dans L'art du tailleur de Guarsault. (vous trouverez une version débroussaillée en anglais moderne sur le site de marquise.de. Je rajouterai juste à son adaptation de ne pas oublier de rallonger les manches. Je ne l'ai pas fait, et clairement, elles sont trop courtes. Elles sont censées arriver au milieu de l'avant-bras. Une fois leurs extrémités repliées, les miennes m'arrivent aux coudes.)

Nous avons donc fait toutes les deux des manteaux de lit. Martha a bien sûr, comme chaque année, aussi fait les costumes de ses enfants, mais ça surprise !, vous les découvrirez au retour de Vizille. Par contre, elle a déjà posté son manteau de lit sur mannequin.

J'avais déjà tout le reste des éléments. Je comptais vous faire un habillage (ou un déshabillage) complet (avec explications : mais pourquoi a-t'elle mis son fichu à l"extérieur de son manteau de lit ?) , mais il fait 37°C... alors ce sera pour un autre jour ^^ Même l'explication pour le fichu. Oui, je suis vache, avec vous. (En fait, c'est pour me forcer à vous faire l'article en question plus tard dans la semaine). 



Mais souris enfin ! *crève de chaud*

Par contre, je vais vous montrer mes petits plus.

Je voulais un costume réaliste. Malheureusement, je n'ai pas eu le temps de vraiment fatiguer le tissu, pour lui donner l'aspect d'un tissu qui a vécu, par contre, j'ai travaillé comme une couturière du XVIIIe siècle, parfois avec l'aide de ma nouvelle maladresse en couture et de ma tête de linotte.

La doublure est multipiécée : je l'ai prévue ainsi.


J'ai volontairement déchiré mon tissu en pans trop petits pour couvrir toute la largeur du vêtement (qui est par ailleurs très large). Et je peux vous dire que les trois quart de la couture de ce vêtement très simple est passé dans le piéçage. C'est looooong. 

Je n'avais pas prévu de piécer tant que ça mon tissu de dessus (tissu IKEA très épais et très très lourd. Je ne m'en étais pas rendu compte en l'achetant.) Mais comme une linotte que je suis, je suis partie en vacances sans mes morceaux de tissus restants, et je suis tombée en rade. Retourner chez IKEA ? Il fait 37°C ! Et puis, c'est tricher. J'ai donc piécé avec des petits restes d'un autre tissu.

 

Je n'en avais aucun qui avait la bonne couleur, j'ai donc essayé de trouvé un tissu neutre : sombre et uni, mais pas noir (trop voyant). Une bande prise sur un bras est cachée dans le repli, et les morceaux pris dans les plis de côté, son partiellement cachés à la fois par les plis et le tablier.

 

Les morceaux récuppérés ont servi à piécer le col et les goussets sous les bras.

J'ai aussi, par maladresse, déchiré mon tissu au niveau du cou : parti caché par le fichu, mais visible quand porté sans le fichu. Aujourd'hui, on recouperait la pièce pour qu'on ne voit rien ou presque. Mais au XVIIIe, les vêtement, sont rares et chers. On rafistole de partout.


J'ai donc recousu ma déchirure.


Autre petit plus : les poches ! Non pas les poches elles-mêmes (qui sont dépareillées, certes, mais ne sortent pas de l'ordinaire), mais leur contenu. En m'inspirant de cette transcription partielle (les hommes sont encore à faire) que j'ai faite, j'ai essayé d'imaginer ce que pouvait avoir dans les poches une femme de la Halle, ou simplement une femme du peuple, en 1789. La différence entre l'évènement (la tragédie) transcrit, c'est que celui-ci parle du contenu des poches des gens sortis le soir pour aller voir un feu d'articice. J'ai essayé d'imaginer ce que pouvait être les poches d'une femme dans la journée, avec ses instruments de travail, mais aussi, les élements de base qu'elle pouvait avoir dans les poches, les choses oubliées, et quelques objets de loisir ou de dévotion. (Je porterai tout ce qui suit dans mes poches dimanche, pour voir si c'est crédible, ou si j'ai les poches trop pleines :P ) 



 


Ce qui donne :

- Un mouchoir de col supplémentaire, en coton léger rose à petits motifs noirs. Il appartenait à mes grands-tantes. Je ne saurais pas le dater, mais il passe assez bien pour du XVIIIe.

- Un torchon/chiffon. Le mien est encore trop propret, même s'il a vécu. Un torchon d'usage quotidien aurait peut-être mérité le nom de chiffon à l'époque. Avec l'usage, il ne devait pas être en meilleur état qu'un vieux chiffon. A la fois pour le travail (les femmes de la Halle vendent légumes fruits, poissons et viandes), mais aussi pour se protéger la tête en cas de pluie sans doute.


 Dimanche, j'essayerai d'en faire une photo pour vous montrer ce que ça donne à peu-près en vrai.

- Un chiffon non ourlé tenant lieu de mouchoir à moucher.

- Un couteau. J'ai choisi ce genre de couteau plutôt qu'un opinel par exemple, parce qu'il est sans marque sur le manche (contrairement aux opinels), et parce que je suis sûre qu'il existait à l'époque (contrairement, encore, à opinel)  : c'est un couteau de ce genre qui a tué Henry IV. C'est donc aussi un couteau facile à trouver à Paris (vente ou échange). Par ailleurs, c'est un couteau solide pour le travail et pour le quotidien. Tout le monde a son couteau dans la poche. Les couverts sont rares. On pique et mange sur le pointe de son couteau.

- Des ciseaux. Usages mutiples et variés. De très nombreuses femmes ont leur ciseaux sur elle, pour couper des ficelles pour envelopper les marchandises, couper du tissu, du fil, si on fait de la couture, etc.

- Un tire-bouchon. A la Halle, on vend de l'alcool, un tire-bouchon est donc un instrument qui paraît évident dans les poches d'une dame de la Halle. Mais pas seulement. Il faut se rappeler que tout au long du XVIIIe, on considère (à raison) que l'eau transporte des maladies. En France, cela se traduit par la toilette sèche (se laver à l'eau serait dangereux) et par une peur de boire de l'eau. On pense au contraire que boire de l'alcool est meilleur pour la santé, l'alcool tuerait les maladies. Le peuple ne boit donc presque que de l'alcool, non pas parce qu'il est "soûlard" comme il se lit dans les descriptions de l'époque et des historiens réactionnaires, mais parce que c'est la manière de vivre de l'époque, c'est "hygiénique". Le dernier quart du siècle voit une évolution des mentalités, l'eau est de mieux en mieux acceptée. Mais il est plus facile de s'en procurer qui soit potable quand on est riche. Louis XVI a fait installer une fontaine publique dans Paris. UNE. Ce fut un gros changement pour une partie du peuple, mais pas pour tous.

- Un étui de bois, pour mettre par exemple de longues aiguilles ou des piques à chapeau à peu près similaire à celle montrée ici : pique avec une fausse perle.

- Un petit étui de bois pour mettre des jetons de jeu. Les miens, ici, sont à priori du XVIIIe (j'ai un énoooorme doute...), et sont en nâcre. Ceux de ma marchande de légumes auraient probablement été en bois. Pourquoi des jetons de jeu ? Parce que le jeu fait partie du quotidien, on joue beaucoup à l'époque moderne. Une femme qui travaille près des tavernes et sans doute avec elles, comme fournisseuse, devait sans doute jouer de temps en temps à des jeux de cartes. Elle aurait pu avoir un paquet de cartes, ou un reçu de tombola, par exemple.

- Une bobine de fil

- Un coussin carré pour piquer des épingles. A porter dans les poches, ou, comme moi, suspendu à la taille. Plutôt un élément de la vie de maison de ma marchande. Mon coussin, trouvé dans les affaires  de ma grand-tante, appartenait sans doute à mon arrière-grand-mère ou à mon arrière-grand tante, toutes les deux couturières de profession. J'ai rajouté le lien. Il resssemble par la forme à ce petit pique-épingles :

Chardin, Petite fille jouant au volant, 1741

- Un dé à coudre (que j'ai oublié de photographier).

- Une petite bourse en cuir (la mienne est en faux-daim) pour mettre de l'argent, ou des petits objets comme le dés à coudre.

- Un craie (ici de tailleur), pour marquer les prix sur son étal, par exemple.

- Un chapelet de fausse perles dans un papier plié. J'ai trouvé la manière de l'emballer très intéressante (cf transcription), je l'ai donc reproduite.


- Un livre de messe. Ici un livre de 1905, mais qui a la taille et le poids que devait avoir au XVIIIe, ces petits livres de dévotion. J'ai bien un livre d'étude des belles lettres (!) de 1805, mais il fait deux fois cette taille et pèse deux ânes morts.

- Une petite boîte métalique contenant deux anneaux d'oreille en similor (mélange de zinc et d'étain qui ressemblait à l'or, très à la mode à l'époque. Les miennes sont sans doute vulgairement en alu ^^ ). J'envisage, de les mettre dans le petit étui de bois avec les jetons de jeu, je ne suis pas satisfaite de la véracité de la petite boite métalique.

- Deux papiers : une vieille liste de courses de légumes (récupérée en ligne) chiffonnée et oubliée au fond des poches trop profondes. Et une quittance que j'ai trouvé qur le même site (quittance de bois) et que j'ai très légèrement modifiée (Aaaaah Photoshop...).

- Manque une grosse clé ancienne, lourde (de maison). Je n'en ai pas sous la main qui ne soit pas déjà utilisée (la cabane de jardin de mon père) et pleine de graisse (iiiikkkk !!). Mais c'est un élément indispensable dans les poches, et un élément qui pèse lourd.

Tous ces éléments ou presque, se trouvent sous une forme ou une autre dans les poches de la transcription citée ci-dessus.


Rendez-vous lundi pour la suite !