Statsàlacon

Quelqu'un est arrivé cette semaine sur ce blog avec une stat à la con pas si con que ça : "gravure perruque en feu".

Or il se trouve, braves gens, que cette gravure existe vraiment, et je m'en voudrais de décevoir mon public en ne montrant pas mon immense savoir, ma célérité dans la recherche.... ou beaucoup plus simplement mon don pour faire cracher des réponses à Google. Ouais, là ch'uis plutôt douée, ma bonne dame :P

Sans plus attendre : 


A Doleful Disaster, or Miss Fubby Fatarmin's Wig Caught Fire
1813
par Thomas Rowlandson

Je devrais répondre à plus de statsàlacon, moi.

Neuneu alert

Il n'aura échappé à personne que les commentaires de ce blog sont modérés depuis un certains temps. Parce que je n'accepte pas de me faire traiter de truie par des mollusques en deuil de leur coquille. Parce que les ânes qui viennent la fleur au coin des dents pour défendre le droit à la grossophobie ne méritent que mon mépris. Parce que les gens qui un diplôme de droit en chocolat et sont convaincus que huuuunnnn, dire pétasse c'est délictueeeeeeeux.... (non), ne méritent pas le droit de s'exprimer dans une conversation d'adultes. Parce que les drônes téléguidés qui parlent au nom des autres devraient essayer de se préoccuper d'avoir un cerveau à eux, ne serait-ce que pour avoir quelque chose à léguer à la science.

Néanmoins, il existe des neuneus qui explosent le mur du çon en me sortant des perles du genre "comme on dit, patience et sympathie sont vertu (sic) de princesse" après m'avoir insulté, et là, nous avons une belle tumeur à arracher.

Toute bécassine qui se respecte devrait quand même prendre la peine de faire ses recherches quand à mon rapport psychanalytique aux princesses (je les vomis) et surtout aux stéréotypes de genre à la con : comment te dire, chère adepte du cliché... Les filles qui aiment coudre peuvent aussi aimer monter les meubles IKEA, se passionner pour les comics Marvel, mater des films de baston asiatiques, et apprécier le fait que le rose était plus une couleur d'homme que de femme au XVIIIe et que quatre des plus grands monarques de l'histoire européenne, anciennes princesses, ont été des femmes puissantes sans sympathie ni patience. Autant dire que ton appréciation de la qualité de princesse est digne de Grazia.

Ce n'est pas parce que vous êtes sur un blog de couture et de costume que c'est un blog qui revendique forcément les stéréotypes traditionnellement attachés à ces deux activités. En fait c'est même tout le contraire : ici, on revendique le droit de les libérer des stéréotypes. C'est même un peu l'un des buts principaux du blog. Mais pour être capable d'appréhender cette notion, il faut avoir les capacités intellectuelles qui vont avec. Ce n'est pas donné à tout le monde.

Maintenant j'en ai marre de me fader les réflexions de parfaites inconnues du genre je connais pas ton blog hi hi, je pourrais le trouver intéressant même si je l'ai pas lu et que j'ai pas le temps de le lire hi hi, mais je prends 10 minutes de ma vie pour te dire que t'es un monstre obèse hi hi et oh ça m'a fait trop du bien cette conversation. Voui, je suis obèse, et troméchante et je hais les princesses. Loué en soit le Grand Chwanana. En espérant qu'Il vous offrira le grand saut vers l'âge adulte et son action critique. Si vous n'aimez pas mon blog, frères et soeurs neuneus, vingts dieux... ne le lisez pas ! Gardez vos réflexions pour ceux que ça intéresse. Arrêtez de vous lâcher dans mes coms, j'en ai ma claque de passer la serpillère.

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Les vingtièmes rugissantes

Ca fait plusieurs mois que je n'avais pas touché -- ou presque -- une aiguille, les doigts sont un peu rouillés. Pour bloguer aussi. Pourtant, on ne peut pas dire que je ne travaille sur rien en ce moment, c'est tout le contraire même : j'accumule. Et j'ai des preuves !

D'une part je travaille sur des projets à long terme : une redingote 1800-1810, pour aucune raison à part le fait que j'ai trouvé un tissu que j'aime à la folie. Evidemment, la photo ne vous laissera pas voir correctement le tissu, parce que les photos faites avec une tablette, en pleine nuit en Février, ça tutoie joyeusement la magie expérimentale :

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Je vous avais prévenu.

J'ai aussi repris un projet abandonné il y a 7 ans, un corset 1863 brodé. Bien sûr... photo.. tablette... expérimental... :

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Oui, je sais, il claque. Mais rien ne dit qu'il m'ira encore à la sortie (7 ans, hein...), et il ne manque pas d'erreur (7 putain d'années d'expériences, d'apprentissage me sépare de cette petite saleté. Je considère déjà ma doublure comme une victime collatérale). Je vous en reparlerai quand il sera enfin fini.

Mais ça, ce sont les projets à long terme, pour lesquels je n'ai pas beaucoup d'éléments intéressant à montrer pour le moment. Et surtout, même si suis tellement submergée par les projets 1860-1880  que je ne peux pas réaliser parce que je n'arrive pas à finir un corset (je hais HAIS HAIS faire les corsets XIXe), ils ne sont tous que des projets pour le plaisir de coudre. 

Il se trouve que j'ai un projet pour une vraie sortie (ouh, ça faisait un bail, mais laissez-moi vous dire : se distancer d'un milieu de gens toxiques, ça fait du bien. Je ne fais plus de sortie qu'avec mes copines proches. Et elles vivent presque toutes loin) : une petite ballade 1920, à Lyon, à quatre, vers Avril (si tout va bien).

Je n'ai fais qu'une seule robe 1920 jusqu'ici, parce que régler le problème des sous-vêtements est... well... un problème. Vous voyez, les années 20, se sont des formes androgynes, et vous savez quoi ? Rendre un 105E androgyne, c'est du masochisme. De la magie noire. La chasse au Snark. Et je ne parle que d'aplatir la poitrine, je n'ai même pas encore commencé à vous parler des hanches.

Comme je n'ai que peu de temps pour faire une robe -- et pas n'importe quel type de robe -- et suffisamment d'unmentionnables pour être décente, j'ai renoncé au corset-gaine pour les hanches, et pour la poitrine, j'ai opté pour un compromis de brassière.

Par ma copine Marion (Green Martha), j'ai découvert une brassière allemande intéressante de 1927, et je l'ai à moitié copiée. Le patron originel paru dans un livre d'époque, a été republié en fac-similé en allemand il y plusieurs années. Sur le croquis suivant, on voit le dos de la bête.

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Croquis tiré du "Beyers grosses Lehrbuch der Wäsche" 1927, réimpression par les éditions Weltbild
Courtesy of ma koupine Green Martha, donc, qui avait d'abord posté cette photo ici, mais le hotlinking, c'est le Mal. Mais puis-je quand même vous conseiller d'aller jeter un oeil sur sont site, parce qu'il y a plein de trucs très chouettes pour les curieuse (elle a une collection de La Mode Illustrée de folie, et elle scanne, elle scanne, elle scanne...) Fin de parenthèse.

Marion l'avait reproduite avec succès, mais elle présentait un désavantage certain : le devant, quasiment taillé droit, n'était clairement pas prévu pour les fortes poitrines et l'adapter aurait demandé pas mal d'ajustage et de tâtonnements, pour un résultat sans doute mitigé. J'ai décidé à la place de m'inspirer plutôt des exemples de "soutien-gorge" de l'époque (j'utilise les guillements, parce que le mot n'est pas utilisé à l'époque, mais, ce sont es objets qui se différencier des bandeaux ou des brassières classiques).

Comme Pinterest est codé par des imbéciles, on ne peut plus intégrer d'images en deux clics, et j'ai la flemme de me taper tout le sale boulot de hacheteumeuleu d'insertions d'images Pinterest : vous trouverez des exemples de lingerie 1920 .)

Ces "soutien-gorge"sont taillés avec des pinces ce qui suppose qu'ils prennent en considération le volume de la poitrine. Donc toutes les brassières n'étaient pas forcément aussi strictement aplatissantes.  Pas besoin de devenir des amazones pour faire du 1920. *kermit arms* J'ai donc moi aussi opté pour un devant avec des pinces.

J'en suis encore au stade de la toile (admirez mon treillis !), mais c'est plus ou moins le résultat final. Les bretelles sont en élastique pour le moment, ça fonctionne pas mal, mais c'est pahisto : sur le modèle final, je mettrai de vraies bretelles. Le dos est une saloperie à fermer seule (j'en conclus que le livre d'origine était prévu pour un public de bourgeoises avec au moins une petite bonne). Il n'a pas l'air emballant pour le moment, parce que ma toile n'est bien sûr qu'en une seule épaisseur : le croquis montre bien que la fermeture du dos, et l'arrière des boutons sont fortement renforcés. Mais il fonctionne quand même. l'ensemble de la brassière fonctionne. J'envisage aussi de rajouter des baleines en plastique légères sur les coutures des côtés, et côtés dos, parce que la brassière a tendance à rebiquer un peu et à remonter.

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Et la robe dans tout ça ? Ah ça... Ce sera pour un prochain article (parce qu'ici, il est 4 h du mat, mes lapins). Disons juste que je vais faire un type de robe dont j'avais envie depuis très très longtemps...

Catching up

J'ai profiter de ma semaine de vacances non pas vraiment pour coudre (faut pas rêver :/) mais pour rattraper un peu mon retard au niveau des costumes à réessayer et à prendre en photo.

- mon premier costume directoire ? O.MY.GOD... En fait c'était possible de rater autant les pièces de devant ? Faut croire. Pas portable en l'état, je n'ai même pas essayer de faire des photos. 

- mon "open robe" Directoire rayée (qui n'est toujours pas toute à fait finie, en particulier le devant) a enfin des photos, pas transcendante, mais montrable.

- et comme c'était Halloween, j'ai improvisé en 5 minutes un costume de Masque avec une robe faite pour ça, il y a plusieurs années, et jamais portée. Photos rapides aussi.

Ce qui donne ça :

Commençons par avouer un vice perso : je suis, au naturel et en vêtements modernes, extrêmement peu photogénique. Et donc j'aime pas qu'on me prenne. Ni me prendre moi-même. DU TOUT. Par contre dès que je suis en costume, j'adore faire des selfies dans les miroirs. Dans les châteaux, les restos, j'essaye de trouver un miroir et de voir si je peux en sortir quelque chose de sympa. Parfois, ça donne des trucs vraiment extra, comme cette photo chez Angelina, en costume 1871. Et parfois, ça ne marche pas.

Mais j'aime bien celle là :)

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Le chapeau ne va pas super bien avec l'ensemble, mais quand on improvise un truc en 5 minutes, on ne va pas aller se plaindre. C'est déjà bien que j'ai une coiffe, et que mes robes soient repassées. Mon appareil m'ayant bouffé au transfert les deux seules photos réussies de la robe en pied, j'ai décidé de prendre ça de manière zen, plutôt que de ne pas le prendre du tout !

Comme j'ai commencé cette robe il y a TRÈS longtemps, mais que j'en ai peu parlé sur ce blog, je rappelle qu'elle s'inspire très fort de celle à droite (ma robe à des rayures rouges et blanches très fines):

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Oh et si je donnais un peu de mouvement à cette robe ? 
("Martine expérimente les poses absurdes")

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L'appareil photo était en équilibre sur une table en verre... qui se voit. 
Quand je me prends en photo, je vous jure, c'est mythique.

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Et mon devant pas terminé : j'ai prévu, lors de la conception du patron, la robe avec un devant lacé bord à bord. Du coup, l'épingler en attendant la fermeture finale est un peu... laborieux.
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Plus conceptuel, le costume d'Halloween. J'ai donc fait la robe il y a des années, avec une couette IKEA (j'aime faire des vêtements dans des couettes *snark* Costume système D), avec un motif orange vif qui ressemble à une flamme. C'est moyennement historique, mais j'aimais beaucoup ce motif, du coup, j'ai fait la robe dans l'optique d'en faire une robe de Masque (déguisement de l'époque), mais je n'avais jamais mené à bien le projet. Je ne l'avais jamais essayée sur plusieurs jupons (ça change une robe du tout au tout de la porter sur trois jupons au lieu d'un seul), et j'ai improvisé, là aussi en 5 minutes, un costume à thème : les Masques représentent souvent des choses plus intellectualisées que nos déguisements modernes, par exemple des concepts, ici le feu.

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Mais bon, comment improvisé le Feu ? Comme ce ne sont que des photos, j'ai triché, et utilisé un paréo (!) en un espèce de coton lustré de merde (je ne vous raconte pas la difficulté pour le faire tenir en place) en guise de turban, parce qu'il avait des couleurs rouge, orange, jaune et noir. Et pour essayer de figurer des flammes, je me suis rabattue en désespoir de cause sur des physialis piquées dans la décoration du buffet de cuisine de ma mère. L'effet n'est pas génial, c'est trop petit les physialis. Le masque est une pièce unique d'une artisane qui travaille (travaillait ?) le cuir (acheté quand j'étais ado, je ne sais même plus son nom).

Et bien sûr, comme j'ai pris les photos à 17h, le soir d'Halloween, elles sont soit très mal éclairées, soit trashées par le flash. Mais au moins j'aurais essayé ^^

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J'aime celle-là à cause du reflet dans le miroir.


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Me suis rendue compte plus tard que jupon et corsets dépassaient :''(

Bon, maintenant, à part la robe médiévale pas formidable, je n'ai plus de costume en retard à montrer.

Piéçons, mes bons


Haha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ! Bien bien bien.

Il serait dommage de laisser notre bonne, mais totalement dispensable, amie Fanny dans son ignorance crasse du monde des puristes (et des costumières modestes, par la même occasion, qui sont à priori les premières à avoir besoin de piécer, sans avoir besoin d'être puristes). Comme elle a lancé depuis cet été plusieurs bouées trouées de ce genre envers les puristes -- comprenez, moi, car elle n'en connaît pas beaucoup d'autres (car Fanny est comme ces gamins qui piétinent les fourmilières : elle va pleurer que les Drama Ant Queens l'attaquent, mais elle ne peut pas s'empêcher de recommencer), je trouve qu'il serait malpoli de ne pas lui répondre au moins sur cette belle boulette.

Ça tombe bien, dites-donc, ça faisait des siècles que je cherchais une bonne excuse pour vous parler du piéçage.

Image trouvée sur internet, textes rajoutés par une copine, Eysmeralda Darkstone. 
Elle m'avait taguée sur FB sur le premier hibou...

Et donc, on peut faire du costume depuis dix ou quinze ans et (prétendre) jouer les ravis de la crèche sur le sujet du piéçage qui est quand même un sujet de prédilection dans les discussions entre costumiers. Et pas seulement les puristes. *nutts*

Pour les autres curieuses qui font du costume depuis moins longtemps, et qui seraient encore peu au fait du sujet, voici quelques brillants exemples du sujet :

 (clic-clic !)


   
Imatex, Caraco espagnol v.1775-90

Robe à l'anglaise 1765/70 vendue chez Poppies Cottage 
La plupart des images a disparu, celle ci-dessus est conservée dans mon Pinterest

Possiblement un exemple de piéçage-rapiéçage. Difficile à dire. Mais même si c'est un rapiéçage, vous remarquerez qu'on rapièce avec les chutes du même tissu qu'on avait précieusement gardées.

Met Museum : Robe ronde 1780

Imatex : caraco espagnol v. 1750

C'est beau, hein ? J'adore le piéçage.

***

Maintenant, la question qui fâche : "à quand le reconstituteur puriste qui fait de même ?"

Ah bah : tout de suite. Voire même depuis 10 ans. Voire même depuis toujours. Et pour ça, pas besoin d'être puriste. Juste d'être un peu court sur le tissu, ou de vouloir réutiliser des chutes. Un comportement normal de couturier, en fait.

(toutes les photos sont cliquables pour voir mieux les coutures des piéçages)

Laisse-moi d'abord te présenter Sarah de A Most Peculiar Mademoiselle, reine du piéçage. D'autant plus malheureuse est ton ignorance de son travail, Fanny, que 1) c'est une EXTRAORDINAIRE costumière, mais elle ne fait que du populaire, elle doit donc passer sous ton radar, 2) ces deux costumes en particulier a été faite pour le Historical Sew Fortnightly. Mais comment peut-on suivre le HSF et ne pas avoir vu passer les merveilles de Sarah ? 

Bonnet viking piécé, par Sarah

Ce deuxième exemple est tout particulièrement extraordinaire, je la cite : "each sleeve is made from ten (very carefully placed) pieces, not counting the cuffs". Il faut dire qu'elle a tiré une robe (populaire) 1850 d'une nappe de 2,5m sur 1,5m... *love & adoration*

Robe 1850 par Sarah

Remontons un peu dans le temps : en 2008, Brocade Goddess de Rockin' the Rococco, pour son formidable projet universitaire de reconstitution d'une garde-robe, a fait une robe à la française, et a prolongé les robings en les piéçant.

Robe à la française par Brocade Goddess

Parmi les adeptes de cet art, on trouve aussi JennyLaFleur ayant ici piécé le devant de sa robe pour obtenir la bonne longueur à l'ourlet. C'était en 2011.

Robe à l'anglaise piécée, par Jenny-Rose

Encore plus ancien, mais représentatif d'un autre versant du piéçage : en 2003, Kendra de Démodé piéçait avec un autre tissu les parties invisibles de son jupon de robe à la française. Totalement histo.

Jupon de Robe à la Française par Kendra

***

Voilà pour les exemples auxquels je pense en premier quand le mot "piéçage" intervient dans la conversation, et je suis convaincue qu'il suffirait de lancer un appel pour trouver dix ou quinze costumières de plus qui piècent de manière parfaitement naturelle sans même se dire qu'elles sont particulièrement puristes.

Mais... comme ce coup de pied envers les puristes m'était à priori et peu subtilement destiné, et que c'est mon blog, on va s'attarder sur mon cas, ça va être encore plus marrant (et vous comprendrez mon hilarité du début).  

Est-ce que la Costumière Hystérique qui-fait-chier-avec-son-purisme pièce ?

Mazette... Quand je dis que J'ADORE le piéçage, c'est pas pour plaisanter. Je suis vraiment une grande fan.

Exhibit A : mon premier costume fini, et Kendra est l'une des mes références pour l'historiquement correct, surtout quand on manque de tissu. Comme je ne suis qu'une débutante pas encore puriste, je lui fait aveuglément confiance. Bon point.

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Exhibit B : plus récente, cette robe trop courte sur le devant pour lui faire un ourlet, piécée de manière invisible : la couture est sur la ligne d'ourlet.

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Ouais, elle n'est pas repassée. The hell with that !
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Exhibit C : Mon dernier projet fini, l'ensemble casaquin plissé. Les emmanchures avaient été taillée strop profondes, ce qui rendait l'assemblage des manches impossible. Piécé des deux côtés (dans le dos) au même niveau, l'un des piéçages a disparu dans la couture, l'autre est toujours visible.

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Exhibit D, E et F : ce sur quoi je suis de travailler en ce moment !

Premier exemple : un tablier Empire, pas encore fini. Je le montre ici pour la première fois, parce qu'il se photographie et se repasse très mal, comme vous allez pouvoir le constater, et que tant qu'il n'est pas fini et porté, ce n'est pas un costume très emballant. Mais il est piécé. Je voulais un tablier avec beaucoup de tissu, très plissé, mais qui aille aussi loin dans le dos. Or, mes 3 mètres de tissu faisaient de la résistance. Les pièces de chaque côté du dos sont donc faites chacune de deux morceaux, qui ne sont pas imprimés dans le même sens. C'est léger mais ça se voit. Piécer, c'est aussi savoir parfois accepter d'aller contre le sens du tissu ou du motif (on en reparle pour la pièce suivante).

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Retour sur une morceau que j'ai piécé cet été (en voiture : Quimper-Saint Etienne, c'est long, faut s'occuper ^^) , et qui après repassage... crie pour être refait ! Il est raté. Piécé, c'est assez compliqué, parce qu'on le fait le plus souvent avec des chutes, ou des morceaux qui ne sont pas spécifiquement taillés pour s'adpater à la pièce principale, ou qui ne sont pas dans le même sens ni de motif, ni de tissage que la dite pièce. En vis à vis, le morceau jumeau qui lui n'avait pas besoin d'être piécé. (ce sont les dos-côtés d'une future pélisse/redingote Empire) Troisième photo : ce à quoi peut ressembler un piéçage qui se fiche royalement d'être raccord au niveau motif : de toute façon comme j'ai piécé par manque de tissu, ça n'aurait pas été possible. Mais il faut ajouter que le motif n'est absolument pas imprimé droit ! On ne peut pas se battre contre ça.

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Dernier exemple, mais mon préféré, mon précieux à moi : la robe à la Turque dont je reprendrais prochainement, j'espère, le tuto. Là aussi, piéçage dicté par manque de tissu. Mais cette fois, j'ai carrément tenté le diable et mon piéçage est sur le pièce de devant ! (Ah je viens de voir une syncpope dans l'assistance). Le dessus comme la doublure sont piécés. Pour le dessus, j'ai bien dû passer 1h30 à calculer mon piéçage pour qu'il se fonde le plus possible dans le motif, sachant que mes chutes étaient toutes de la taille de ma paume. Je très très fière du résultat.

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(la doublure)
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Et vous, comment piécez-vous ?