Jeudi Inspi #2

by jeudi, février 23, 2017 0 points avant
Comme promis, le retour de Jeudi Inspi. Enjoy !


Couple Canadien (c. 1750-1780). Ville de Montréal : Gestion de documents et archives. Fonds BM7. Via ce blog

De l'indienne ! Pour le justaucorps et la veste de l'homme ! Militons pour le retour de l'indienne (correcte) parmi les reconstituteurs masculins. Oui, je dis correcte, parce que souvent, le choix des hommes pour leurs costumes, c'est souvent le pire du rayon ameublement. Vous avez droit aux fleurs et aux motifs, messieurs, mais ils faut qu'ils soient parfaits.

En parlant d'indienne, ma dernière découverte en fouillant les inventaires après décès du XVIIIe siècle :

"une robe d'indienne pour demi-deuil", inventaire relativement aisé d'une vieille fille, 1787, archives nationales, ET-XVIII-865

Je n'y aurais jamais cru si je l'avais lu dans un livre, mais oui, on faisait aussi de l'indienne pour le demi-deuil. Sachant que le violet pour le demi-deuil n'apparaît qu'au XIXe siècle (auparavant, le violet, foncé, est souvent réservé au clergé parce que cher à produire comme teinture), on a ici une indienne dans les tons de noir, gris et blanc. Loin de l'image très colorée que l'on se fait des indiennes !


 
Photographe Matthew Brady, USA. Archives Nationales des USA.

Dans cette très jolie collection de photos de femmes entre 1860 et 1875 (les photos sont toutes datées 1850-65, mais certaines sont clairement du début des années 1870), j'ai choisi Mousseline et Hérissée ^^.


Portrait of Lady, Frederick Randolph Spencer, USA, 1835. LACMA

"Comment ça, j'ai ma couturière personnelle ? Vous voulez dire que ça se voit ? Où ça ? Dans les plis, les festons, où ça ?"

Et aussi, un très bel usage d'une miniature.




Ça commence à se voir (aussi) que j'ai très très envie de faire du 1830 en ce moment, non ? 
Ce n'est pas précisé, mais à priori, la robe en mousseline et la sous robe rose sont faites séparément pour être changées selon l'humeur. Cette sous-robe-là est sans doute une reconstitution du musée. Malheureusement, les sous-robes ont souvent été perdues (réutilisées pour faire d'autres vêtements, jetées parce qu'elle s'abîmaient plus vite parce qu'en contact direct avec la sueur, ou simplement, méprisée par les collectionneurs parce qu'elles étaient "sans intérêt". Aujourd'hui, on les recherche plus.)


v. 1858. Met Museum

Est-ce qu'elle n'est pas toute mimi, cette petite cage ? Le musée ne précise pas s'il s'agit d'une cage d'enfant, ceci dit la ceinture porte l'inscription "J.W. Bradley's, Misses Woven Skirt, Pat. Nov. 2, 1858". Généralement, misses, dans les magazines de mode, renvoie aux ados et pré-ados.


 Chaussette, Égypte, VIe-VIIIe siècle. Musée des Tissus de Lyon. Via



v. 1890. Via Pinterest. A l'origine posté sur My Vintage Vogue, mais je ne la retrouve pas sur le site.

Nous somme des sœurs jumelles, nées sous le signe des Gémeaux...



1784-87. Museu del Disseny, Barcelone.

Pour le musée, il s'agit d'une robe à la Circassienne. La Circassienne est une sorte de robe à la polonaise à la définition un peu évasive, dont les caractéristiques changent selon les personnes. En gros, tout ce qui est une polonaise qui sort de la norme se retrouve nommée "à la Circassienne" par les "experts". Personnellement, je dirais que le seul élément récurrent de la circassienne, ce sont des manches courtes sur des manches longues.

Galerie des Modes, 1780



A gauche : Pehr Hilleström, "En piga som sopar och en flicka som ostädar"("Une servante qui balaie et une petite fille qui salie) , 1774
A droite : Armand Gauthier, La repasseuse, non daté ?, années 1880 (notice Joconde, sans image, et donc sans date)

De l'art de relever sa jupe pour travailler.

D'ailleurs, n'importe quel tableau de Hilleström m'envoie dans la stratosphère. Ces visages sont parfois ratés, mais ces vêtements sont fantastiques. Et j'aime beaucoup son art de la composition, (mais je n'y connaît rien, donc en fait, mon avis ne compte pas). En plus, il peint beaucoup de servantes, c'est une source inestimable. Mini sélection :

"Deux femmes, l'une coupant le jambon, l'autre pillant le poivre", 1794 

La ceinture de la jupe et tous ce petit plissé !

 "Intérieur", v. 1775

 "Lecture à la bougie", non daté ?

"Deux femmes, l'une curant les cuivres et l'autre lavant un verre", non daté ?

 "Femme lisant une lettre", non daté ?

 
"Étude à la bougie", non daté ?
Historico-puriste

Costumière amateure, historienne. Aime bien rappeler qu'avant d'être un hobby de Princesses Playmobil, le costume c'est aussi une représentation de la vraie vie des vrais gens du passé. Il m'arrive ainsi de manger au petit déjeuner des marquises néo-roccoco irrespectueuses de leur matériau historique.

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