Pistache & Pastiche

by mercredi, janvier 14, 2015 1 points avant
Cet article, vous auriez dû l'avoir mercredi dernier, et puis... et puis. Donc, avec un peu de retard, et en considérant que c'est difficile de rebondir sur une semaine comme celle qu'on vient d'avoir, un très court article pour vous montrer la robe que j'ai fait pour le Nouvel An (de toute façon, j'ai très peu de photos).

Une robe avec un gros potentiel potache, car en plus d'être pistache, elle ressemble à un pastiche des robes transitionnelles des années 1790. Et pourtant, pourtant... cette bizarrerie a bien existé. A un seul endroit dans le monde, des aventuriers de l'impossible ont tenté l'extraordinaire, l'incroyable, le surnaturel (don't do it at home, kids !)... : la Robe Directoire à plis à la française !



La Hollande, l'autre pays de la mode.

Ces deux robes sont les deux seuls exemples que je connaisse, parce qu'ils ont été publiés dans un livre, Modes en Miroir, après une exposition au Musée Galliera en colaboration avec le Gemeentemuseum de la Haye, musée auquel appartiennent ces deux robes. Peut-être en existe-t-il d'autres dans les collections nééerlandaises, peut-être sont-elles les seules exemples d'une géniale adaptation aux modes changeantes des années 1795-1800. Si elles ont la forme générale des robe tuniques de la fin du siècle, elles ont gardé les manches 1780 et les tissus lourds et riches de la seconde moitiée du XVIIIe. D'après leurs descriptions, elles ferment sur le devant l'une avec des boutons, l'autre avec des compères.

Je n'ai eu que 3 jours pour coudre entièrement à la main cette robe, mais j'avais le projet en tête depuis que j'avais vu l'exposition (il y a 10 ans, quand même). J'avais amoureusement réservé à ce projet 5 mètres d'un très beau satin de coton pistache. Tissu qui 1) déteste l'eau :/ Première recontre avec un coton qui déteste l'eau. On découvre les subtilité des tissus tous les jours. 2) a refusé catégoriquement de se laisser repasser, même après une heure à peiner dessus.

J'ai choisi de simplifier au maximum : faire des manches non-coudées, fermeture frontale simplifiée (puisque je n'avais pas de photos des devants, je n'avais pas envie d'improviser) et prendre comme base, un patron que j'avais sous la main pour le transformer. Il s'agit de celui de la robe Directoire américaine de Past Patterns que j'utilise et modifie régulièrement au gré de mes envies. Sa particularité est d'avoir des têtes de manches qui s'arrondissent loin dans le dos. C'était un pari risqué avec les plis à la française, mais c'était l'effet que je voulais obtenir. Et j'en suis ravie.

Et donc, les photos, prises rapidement avant d'aller se baffrer un super repas de Réveillon avec les copines, aussi en costume. 

Vous avez vu comme ce coton est traitre ? 
On le croirait vraiment martyrisé par une costumière allergique au repassage ! 
Mensonge ! Propagande !
Historico-puriste

Costumière amateure, historienne. Aime bien rappeler qu'avant d'être un hobby de Princesses Playmobil, le costume c'est aussi une représentation de la vraie vie des vrais gens du passé. Il m'arrive ainsi de manger au petit déjeuner des marquises néo-roccoco irrespectueuses de leur matériau historique.

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