Les vingtièmes rugissantes

by jeudi, février 20, 2014 0 points avant
Ca fait plusieurs mois que je n'avais pas touché -- ou presque -- une aiguille, les doigts sont un peu rouillés. Pour bloguer aussi. Pourtant, on ne peut pas dire que je ne travaille sur rien en ce moment, c'est tout le contraire même : j'accumule. Et j'ai des preuves !

D'une part je travaille sur des projets à long terme : une redingote 1800-1810, pour aucune raison à part le fait que j'ai trouvé un tissu que j'aime à la folie. Evidemment, la photo ne vous laissera pas voir correctement le tissu, parce que les photos faites avec une tablette, en pleine nuit en Février, ça tutoie joyeusement la magie expérimentale :

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Je vous avais prévenu.

J'ai aussi repris un projet abandonné il y a 7 ans, un corset 1863 brodé. Bien sûr... photo.. tablette... expérimental... :

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Oui, je sais, il claque. Mais rien ne dit qu'il m'ira encore à la sortie (7 ans, hein...), et il ne manque pas d'erreur (7 putain d'années d'expériences, d'apprentissage me sépare de cette petite saleté. Je considère déjà ma doublure comme une victime collatérale). Je vous en reparlerai quand il sera enfin fini.

Mais ça, ce sont les projets à long terme, pour lesquels je n'ai pas beaucoup d'éléments intéressant à montrer pour le moment. Et surtout, même si suis tellement submergée par les projets 1860-1880  que je ne peux pas réaliser parce que je n'arrive pas à finir un corset (je hais HAIS HAIS faire les corsets XIXe), ils ne sont tous que des projets pour le plaisir de coudre. 

Il se trouve que j'ai un projet pour une vraie sortie (ouh, ça faisait un bail, mais laissez-moi vous dire : se distancer d'un milieu de gens toxiques, ça fait du bien. Je ne fais plus de sortie qu'avec mes copines proches. Et elles vivent presque toutes loin) : une petite ballade 1920, à Lyon, à quatre, vers Avril (si tout va bien).

Je n'ai fais qu'une seule robe 1920 jusqu'ici, parce que régler le problème des sous-vêtements est... well... un problème. Vous voyez, les années 20, se sont des formes androgynes, et vous savez quoi ? Rendre un 105E androgyne, c'est du masochisme. De la magie noire. La chasse au Snark. Et je ne parle que d'aplatir la poitrine, je n'ai même pas encore commencé à vous parler des hanches.

Comme je n'ai que peu de temps pour faire une robe -- et pas n'importe quel type de robe -- et suffisamment d'unmentionnables pour être décente, j'ai renoncé au corset-gaine pour les hanches, et pour la poitrine, j'ai opté pour un compromis de brassière.

Par ma copine Marion (Green Martha), j'ai découvert une brassière allemande intéressante de 1927, et je l'ai à moitié copiée. Le patron originel paru dans un livre d'époque, a été republié en fac-similé en allemand il y plusieurs années. Sur le croquis suivant, on voit le dos de la bête.

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Croquis tiré du "Beyers grosses Lehrbuch der Wäsche" 1927, réimpression par les éditions Weltbild
Courtesy of ma koupine Green Martha, donc, qui avait d'abord posté cette photo ici, mais le hotlinking, c'est le Mal. Mais puis-je quand même vous conseiller d'aller jeter un oeil sur sont site, parce qu'il y a plein de trucs très chouettes pour les curieuse (elle a une collection de La Mode Illustrée de folie, et elle scanne, elle scanne, elle scanne...) Fin de parenthèse.

Marion l'avait reproduite avec succès, mais elle présentait un désavantage certain : le devant, quasiment taillé droit, n'était clairement pas prévu pour les fortes poitrines et l'adapter aurait demandé pas mal d'ajustage et de tâtonnements, pour un résultat sans doute mitigé. J'ai décidé à la place de m'inspirer plutôt des exemples de "soutien-gorge" de l'époque (j'utilise les guillements, parce que le mot n'est pas utilisé à l'époque, mais, ce sont es objets qui se différencier des bandeaux ou des brassières classiques).

Comme Pinterest est codé par des imbéciles, on ne peut plus intégrer d'images en deux clics, et j'ai la flemme de me taper tout le sale boulot de hacheteumeuleu d'insertions d'images Pinterest : vous trouverez des exemples de lingerie 1920 .)

Ces "soutien-gorge"sont taillés avec des pinces ce qui suppose qu'ils prennent en considération le volume de la poitrine. Donc toutes les brassières n'étaient pas forcément aussi strictement aplatissantes.  Pas besoin de devenir des amazones pour faire du 1920. *kermit arms* J'ai donc moi aussi opté pour un devant avec des pinces.

J'en suis encore au stade de la toile (admirez mon treillis !), mais c'est plus ou moins le résultat final. Les bretelles sont en élastique pour le moment, ça fonctionne pas mal, mais c'est pahisto : sur le modèle final, je mettrai de vraies bretelles. Le dos est une saloperie à fermer seule (j'en conclus que le livre d'origine était prévu pour un public de bourgeoises avec au moins une petite bonne). Il n'a pas l'air emballant pour le moment, parce que ma toile n'est bien sûr qu'en une seule épaisseur : le croquis montre bien que la fermeture du dos, et l'arrière des boutons sont fortement renforcés. Mais il fonctionne quand même. l'ensemble de la brassière fonctionne. J'envisage aussi de rajouter des baleines en plastique légères sur les coutures des côtés, et côtés dos, parce que la brassière a tendance à rebiquer un peu et à remonter.

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Et la robe dans tout ça ? Ah ça... Ce sera pour un prochain article (parce qu'ici, il est 4 h du mat, mes lapins). Disons juste que je vais faire un type de robe dont j'avais envie depuis très très longtemps...
Historico-puriste

Costumière amateure, historienne. Aime bien rappeler qu'avant d'être un hobby de Princesses Playmobil, le costume c'est aussi une représentation de la vraie vie des vrais gens du passé. Il m'arrive ainsi de manger au petit déjeuner des marquises néo-roccoco irrespectueuses de leur matériau historique.

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