Dis Maman, on peut apprendre une technique de couture du XVIIIe siècle ?

by mercredi, juillet 10, 2013 0 points avant
Ça tombe bien, grâce à Isis Wardrobe, on en a une fastoche, qui concerne la manière de coudre les manches. Elle l'avait présentée il a déjà deux ou trois ans, mais je n'ai pas retrouvé le'article de blog d'origine. Mais elle l'a repostée récemment, et j'ai pensé que c'était une bonne occasion pour que je la teste enfin.

L'idée, c'est de coudre de faire en sorte que les valeurs de coutures soient invisibles (cachées entre la doublure et le tissu extérieur), de la manière la plus simple possible. C'est tellement simple, que beaucoup de couturières ont dû "découvrir" cette technique seules, sans savoir qu'elle est assez typique du XVIIe siècle.

La manière habituelle de construire les manches, c'est de monter la manche en doublure et la manche en tissu séparément, puis de les assembler envers contre envers (en les bâtissant, surtout pas en cousant par dessus les deux coutures superposées, pour les sécuriser, en espérant que personne ne verra rien : naaaannnn, ça se voit, c'est horriblement laid, et en plus, ça signale à tout le monde que vous êtes une terrible couturière et/ou que vous détestez la couture. Non parce que quand on aime coudre, en général, on aime que le travail soit un minimum bien fait.). On fait donc deux coutures, puis les deux épaisseurs tiennent ensemble par les coutures d'aisselle et de poignet (ou coude/saignée si on fait des manches XVIIIe).

Dans la technique suivante, on ne fait qu'une couture mais qui permet de sécuriser les deux épaisseurs, et au final, la manche bouge mieux.

Comment fait-on, alors ? [toutes les photos sont cliquables pour être vues en plus grand sur Flickr]

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On commence par choisir ses pièces. Etape importante, pour ne pas se tromper dans le montage. Les deux pièces sont placées envers vers le haut, puisque on va travailler avec les envers. Vous remarquez qu'elles sont en miroir. Il NE FAUT PAS les prendre dans le même sens. Sinon, la doublure et le tissu extérieur, au final, n'iront pas ensemble.

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On épinglez les pièces endroit contre en droit (l'envers toujours vers vous). [ma pièce de tissu est plus longue que la doublure, c'est normal : c'est pour mon ourlet, et parce que je suis short en tissu de doublure. Mais c'est bien sûr toujours mieux si les deux épaisseurs sont totalement identiques.]

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Après, on pose les deux pièce l'une sur l'autre, et on les épingle ensemble sur la couture. 

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On obtient comme ça, si on met à plat : les marges de couture d'un seul côté.

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A ce moment là, on bâtit ou on coud directement. Je conseille de bâtir pour faire un essai avec l'étape suivante et vérifier que l'on ne s'est pas trompé en associant ses pièces au départ (je témoigne à visage découvert : à mon premier essai, je me suis plantée.)

L'étape suivante est un peu difficile à photographier quand on est seule et qu'on a les deux mains prises. [et comme il y a toujours des âmes un peu sensibles à ces choses là : mes veines de la saignée vont bien, merci.]

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P7100482.JPGIl s'agit de retourner la manche. Comme il y en a sûrement des comme moi dont le cerveau n'est pas branché géométrie dans l'espace, et ne réussit pas à imaginer comment ça marche, c'est en fait très simple. 

On "ouvre" les épaisseurs comme on l'a fait là --->  

On passe le bras à l'intérieur de (par exemple) la doublure, et on va saisir le bout de l'épaisseur de tissu extérieur (ce que fait ma main invisible sur la photo au-dessus). Et on commence à retourner la doublure sur elle-même en partant du haut et en redescendant (de mon coude vers ma main). Comme on tient le tissu extérieur, la doublure va forcément se retourner petit à petit sur lui. 


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Et les marges de couture vont se retrouver prise en sandwich antre les deux épaisseurs. Ça fait un belle couture bien nette à l'intérieur, comme à l'extérieur, bien solide. On aplatit d'un coup de fer et voilà !

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Autre avantage non négligeable, votre doublure sera correctement placée dans la manche et ne bougera plus.


Fastoche, je vous disais. Et encore merci Isis !
Historico-puriste

Costumière amateure, historienne. Aime bien rappeler qu'avant d'être un hobby de Princesses Playmobil, le costume c'est aussi une représentation de la vraie vie des vrais gens du passé. Il m'arrive ainsi de manger au petit déjeuner des marquises néo-roccoco irrespectueuses de leur matériau historique.

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